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Monsieur,

Depuis quelques années, plusieurs citoyens du Québec ont écrit à la
Société de la Faune et des Parcs du Québec pour lui manifester leur
inquiétude que la Convention sur le commerce international des espèces de
faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) ne soit pas
respectée en ce qui concerne les ours. En 1997, le Ministère de la Faune du
Québec annonçait un plan de gestion de l'ours Noir pour la période 1998-2002
et que, pour protéger cette espèce au Québec, il interdirait la possession
et le commerce de vésicules biliaires d'ours Noirs et réduirait les quotas
de chasse. Nous aimerions vous rappeler que, pour que cet objectif soit
atteint, le respect de cette convention exige beaucoup plus de rigueur que
ce qu'elle reçoit actuellement.

Nous tenons par la présente à vous exprimer notre très vive
désapprobation suite à la décision de la FAPAQ (Société de la Faune et des
Parcs du Québec) d'autoriser les piégeurs du Québec à tuer (quatre) 4 ours
au lieu d'un (1) sur certains territoires du Québec. Cette décision est en
contradiction avec les engagements du Canada vis à vis de la Convention de
la CITES quant à la protection de l'ours. Dans notre province, il arrive
très exceptionnellement, qu'un ours s'en prenne mortellement à un être
humain. Un cas d'exception peut-il servir d'argument acceptable pour
condamner tous les ours et en vider nos forêts? C'est pourtant ce qu'a
demandé, l'année dernière, la Fédération des trappeurs gestionnaires du
Québec (FTGQ) qui a profité de ce cas exceptionnel de l'an dernier, pour
influencer le gouvernement à revoir ses positions et augmenter les quotas de
capture d'ours. Il est inadmissible que la Société de la Faune et des Parcs
du Québec prenne une décision d'opportunité politique et tactique au total
mépris de la préservation de l'environnement pour lequel elle est censée
oeuvrer.

Vous n'êtes évidemment pas sans ignorer, qu'en plus de la chasse et
du piégeage autorisés, il se pratique également, dans plusieurs provinces du
Canada, du braconnage qui sert à fournir des populations asiatiques en bile
et vésicules biliaires d'ours. De plus, même si quelques provinces du Canada
ont déjà interdit la chasse à l'ours du printemps, le Québec, non seulement
autorise la chasse à l'ours automnale, mais pratique aussi la chasse à
l'ours au printemps dont une des conséquences est de nombreux oursons se
retrouvant sans mère et ne pouvant ainsi survivre. Cette chasse légale
attire évidemment de nombreux touristes en provenance des autres provinces
du Canada, des Etats-Unis et de l'Europe. Même si la CITES, en l992, a
convenu d'inclure l'ours dans sa Convention pour limiter le braconnage et le
trafic des vésicules biliaires, les touristes qui viennent chasser l'ours au
Québec n'ont besoin que d'une license émise par la CITES pour pouvoir
importer dans leur pays d'origine leurs trophées de chasse ou les parties
(vésicules biliaires, pattes d'ours etc, etc.) Étonnamment, la CITES permet
même à des pourvoyeurs canadiens de délivrer des licences à des chasseurs
qui désireraient ramener leurs captures avec eux dans leur pays.

La WSPA (Société Mondiale pour la Protection des Animaux) possède
un film vidéo qui prouve que les produits fabriqués avec de la bile d'ours
en Chine, et interdits d'exportation sous la CITES, sont acheminés vers les
marchés nord-américains. Un rapport intitulé "De la Cage au Consommateur" -
"Une investigation sur la vente illégale de vésicules biliaire d'ours et de
produits fabriqués avec de la bile d'ours en Amérique du Nord" documente la
vente de produits de bile d'ours dans neuf (9) villes nord-américaines, dont
cinq (5) au Canada. MONTRÉAL figure parmi ces villes.

Il est impératif que notre gouvernement prenne toutes les mesures
nécessaires afin d'empêcher toute exportation de viscères d'ours. Vous savez
certainement que tous les ours d'Asie sont en voie d'extinction et que ce
continent s'est tourné depuis quelques années vers les ours du Canada, des
États-Unis et de certains pays d'Europe pour pouvoir continuer de procurer à
sa population des produits soit-disants aphrodisiaques et médicinaux
fabriqués à base d'ours. Dans des cages en batteries, des centaines de
milliers d'ours sont maintenus enfermés à vie, sans pouvoir se tenir debout
ni pouvoir se coucher, un trou creusé dans l'abdomen pour faire s'écouler
leur bile. Plus les ours sont stressés, plus ils sécrètent de bile. Sous couvert de
tradition, les chinois croient aux vertus "toniques" de cette bile. Ces ours
vivent dans des conditions horribles et souffrent le martyr leur vie durant.
Malgré cela, ces pays asiatiques continuent d'exploiter les ours sauvages
considérés comme plus purs et de nombreux asiatiques sont prêts à payer le
prix fort pour de la bile et des vésicules biliaires d'ours sauvages
capturés en forêt car, "selon eux", ces vésicules et la bile qu'elles
contiennent seraient encore plus "puissantes".

Le respect de l'environnement et de la nature passe aussi par le
respect de l'animal, être vivant et sensible. Les cruautés humaines
existent, certes! Raison de plus pour ne pas rajouter de la cruauté
gratuite contre l'animal, partie intégrante de notre Terre. Arrêtons de
considérer l'animal comme un simple objet de tuerie, de jeu ou de plaisir.

Je vous prie, Monsieur, de bien vouloir prendre toutes les mesures
nécessaires qui s'imposent pour que cessent ces interventions contre les
ours, boucs-émissaires des agitateurs de la filière chasse et piégeage
extrêmes et de cesser d'être l'artisan de la destruction de l'ours du
Québec.